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À partir de 2027, le gouvernement souhaite obliger toutes les entreprises à mettre en place un système d'enregistrement du temps de travail. Bien que l'objectif de protection des salariés soit louable, le spécialiste Syntegro estime qu'une obligation générale va trop loin. Dans cet article, Syntegro explique pourquoi, pour de nombreuses organisations, cette législation représente avant tout une charge administrative inutile.

L'enregistrement du temps de travail sera-t-il obligatoire à partir de 2027 ? Syntegro, spécialiste de l'enregistrement du temps de travail, s'y oppose

Pourquoi Syntegro s'oppose-t-elle à l'obligation générale ?

À partir de l'année prochaine, les entreprises seront tenues de mettre en place un système rigoureux d'enregistrement du temps de travail pour leurs employés. L'idée qui sous-tend cette mesure est louable : protéger le salarié contre les abus liés au travail non rémunéré.

Pourtant, selon Syntegro, une obligation générale va trop loin. Bien que l'enregistrement du temps de travail soit pertinent dans de nombreuses organisations, il existe tout autant de cas où ce n'est pas le cas. Rendre l'enregistrement du temps de travail obligatoire se heurtera à une résistance de la part des entreprises concernées et de leur personnel en raison de la charge administrative et de l'impact financier qui en découlent.

La Belgique dispose déjà de l’un des systèmes de gestion du personnel les plus complexes et les plus rigides au monde, en raison de l’interaction entre notre législation sociale extrêmement étendue, un enchevêtrement de règles fiscales et d’innombrables conventions collectives sectorielles. Avec le cumul des obligations, telles que les règles en matière de transparence salariale et la mise en place d’un budget de mobilité, de nombreuses entreprises ont atteint leurs limites. Il ne faut donc pas y ajouter une couche supplémentaire de complexité qui n’est en réalité pas nécessaire.

Existe-t-il une solution universelle pour la gestion du temps de travail ?

Cela peut sembler quelque peu paradoxal que nous, en tant que spécialistes de la gestion du temps, ne soyons pas favorables à une obligation générale. Mais d'après notre expérience quotidienne, nous constatons au contraire que de nombreuses organisations gèrent parfaitement leur administration RH sans recourir à un système formel de gestion du temps.

Pensez aux petites PME ou aux organisations comptant de nombreux collaborateurs du secteur des services et disposant d’une administration salariale standardisée. Dans ces structures, les gens travaillent sur la base d’une confiance mutuelle et d’accords clairs. Pour eux, une pointeuse ne constitue pas une forme de protection. C'est une charge administrative supplémentaire qui peut perturber la dynamique du travail flexible. Aller rapidement chez le dentiste, s'arrêter un peu plus tôt pour aller chercher les enfants ou faire du sport pendant la pause de midi : dans de nombreuses organisations, c'est tout à fait normal. Les employés attendent de plus en plus souvent cette flexibilité de la part de leur employeur.

Dans les secteurs où le risque de surcharge de travail ou de fraude sociale est le plus élevé, l'enregistrement du temps de travail a depuis longtemps fait ses preuves. Les organisations qui ont recours à des systèmes de travail par équipes, à des horaires variables ou à la planification du personnel savent également qu'un tel système apporte une énorme valeur ajoutée.

La qualité et le résultat de notre travail priment souvent sur le strict respect du nombre d'heures travaillées.

Comment Syntegro envisage-t-elle l'avenir de la numérisation sur le lieu de travail ?

La numérisation ne fonctionne que si elle est portée par l'organisation. Les entreprises qui réussissent dans la gestion du temps choisissent un tel système pour des raisons et des besoins clairs. Alors que la gestion du temps peut être perçue comme un contrôle dans certaines entreprises, elle peut justement offrir de la transparence sur les jours de congé et les horaires de travail dans d'autres organisations. Elle peut aider les entreprises dont la gestion des salaires est complexe à automatiser leurs processus de manière poussée. Lorsqu'une entreprise choisit elle-même de franchir le pas, le système devient un outil plutôt qu'un obstacle.

Enfin, n'oublions pas que le fondement de cette discussion, l'arrêt européen sur la « pointeuse », remonte déjà à 2019. Depuis lors, le monde a complètement changé. Le télétravail est devenu une habitude pour de nombreux employés. La qualité et le résultat de notre travail priment également plus souvent sur le strict respect du nombre d’heures travaillées. Une obligation générale ne correspond tout simplement plus à l’air du temps et donne donc plutôt l’impression d’un pas en arrière.

Quelle conclusion en tire-t-on pour les pouvoirs publics ?

La balle est désormais dans le camp du gouvernement. Syntegro appelle d'ores et déjà à la nuance. Concentrons-nous sur les secteurs où l'enregistrement du temps de travail est nécessaire, mais laissons aux autres entreprises la liberté de tracer leur propre voie. Ensemble, nous aspirons à un lieu de travail fondé sur la confiance, où la numérisation sert avant tout à alléger la charge administrative. Les entreprises belges ont besoin de liberté plutôt que de règles encore plus strictes. Donnons-leur surtout cette marge de manœuvre.

Cet article a été initialement publié dans De Tijd. Vous pouvez lire l'intégralité de l'éditorial de Syntegro ici : https://www.tijd.be/opinie/algemeen/tijdsregistratie-werknemers-schiet-haar-doel-voorbij/10657389.html

Résumé : Foire aux questions sur notre vision

Question : Pourquoi Syntegro s'oppose-t-elle à l'obligation générale d'enregistrement du temps de travail ?

Réponse : Parce qu'une législation « universelle » ne tient pas compte de la capacité administrative des PME ni de la flexibilité des travailleurs du savoir. Nous croyons en la numérisation motivée par les besoins, et non par la contrainte.

Question : Quelle est l'alternative à une obligation générale ?

Réponse : Syntegro appelle à la nuance : se concentrer sur les secteurs présentant un risque accru de fraude, mais laisser aux autres entreprises la liberté de choisir elles-mêmes les systèmes qui améliorent réellement leur fonctionnement.